Retour page d'accueil


Le retour difficile en France - 1939


Contexte  politique

Passage de la frontière au Col d'Ares 

Le camp d' Argelès-sur-Mer 

Réparation des rails de chemin de fer - 1940

La prison de la Santé -Mai 1944

Camps de concentration

Résistance 1944 -1945 










Contexte  politique

                                                                                                                                                                                                                                                         Retour haut de la page

 

A partir de 1931, la France subit durement les retombées du «krach du jeudi noir » qui s'est produit en 1929 aux États-Unis: la crise économique et sociale s'aggrave. Bienvenus au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand on attendait d'eux une contribution efficace au relèvement du pays, les étrangers font désormais figure de « concurrents indésirables de la main-d’œuvre nationale » menacée par le chômage.

 

Le Front populaire s'effondre. Sur le plan international, la situation s'aggrave sans cesse et la menace d'une guerre imminente se fait de plus en plus pressante depuis que les troupes allemandes ont envahi l'Autriche, dans la nuit du 11 au 12 mars 1938. Le 14 avril 1938, c'est-à-dire le jour même de l'entrée en fonction du gouvernement Daladier, le ministre de l'Intérieur Albert Sarraut adresse aux préfets une circulaire dans laquelle il souligne la nécessité de « mener une action méthodique, énergique et prompte en vue de débarrasser notre pays des éléments étrangers indésirables qui y circulent et y agissent au mépris des lois et des règlements ou qui interviennent de façon inadmissible dans des querelles ou des conflits politiques ou sociaux qui ne regardent que nous ». Les réfugiés doivent s'engager à respecter une neutralité absolue.

Pourtant, la politique du gouvernement français à l'égard des étrangers se durcit encore. Le décret-loi du 12 novembre 1938 aggrave les dispositions du mois de mai. L'assignation à résidence -- qui était déjà prévue par le décret-loi du 2 mai -- est complétée par l'institution de centres d'internement. On prévoit qu'en cas de mobilisation, tous les étrangers de sexe masculin âgés de dix-sept à cinquante ans devront être concentrés dans le plus bref délai possible dans des centres de rassemblement pour étrangers.

 

Le décret-loi du 12 novembre 1938, en précisant plus nettement les intentions du gouvernement Daladier qui se félicite que " le contrôle et la surveillance [des étrangers] sont maintenant assurés, sur le territoire, dans des conditions jusqu’ici jamais réunies ", prévoit la création de " centres spéciaux de rassemblement ".
L’article 1 du décret-loi du 18 novembre 1938 stipule : " Les individus dangereux pour la Défense nationale et pour la sécurité publique peuvent, sur décision du préfet, être éloignés par l’autorité militaire des lieux où ils résident et, en cas de nécessité, être astreints à résider dans un centre désigné par décision du ministère de la Défense nationale et de la Guerre et du ministre de l’Intérieur ".

 

 

Président du Conseil de 1938 à 1940, Daladier concrétisa la rupture des radicaux avec le Front populaire. Affirmant vouloir «remettre la France au travail».

Après la signature du pacte germano-soviétique en août 1939, le gouvernement Daladier fit prononcer la dissolution du Parti communiste français, dont les députés allaient être arrêtés en 1940

 

Les accords de Munich sont des accords signés par l'Allemagne, l'Italie, la France et le Royaume-Uni à Munich, les 29-30 septembre 1938, par lesquels Adolf Hitler put annexer le territoire de langue allemande des Sudètes, une région de Tchécoslovaquie frontalière de l'Allemagne. Après l'Anschluss de l'Autriche, en mars 1938, ces accords, qui marquèrent le recul des démocraties face à l'expansionnisme hitlérien, sont considérés comme une étape déterminante dans la marche vers la Seconde Guerre mondiale.

Ce sont ces accords qui ont été déterminant dans l'emprisonnement des républicains et communistes espagnols et français.

 



Passage de la frontière au Col d'Ares -La "retirada"

                                                                                                                                                                                                                                                    Retour haut de la page

 Les républicains espagnols avaient une image valorisante de la FRANCE, pour eux terre des libertés avec la révolution de 1789, la commune de PARIS de 1871 et terre d'asile au nom même de la déclaration des droits de l'homme. L'image était renforcée par la lutte, à leurs cotés, des brigades internationales françaises. L'atteinte à la dignité humaine, l'atteinte à la liberté, à l'égalité, à la fraternité est en réalité ce qui se passe. Notre devise républicaine est ignorée. L'indicible qui préfigure l'horreur nazie et de son complice, le gouvernement de Pétain


En Avril 1939, près de 100 000 personnes franchirent ce col pour fuir la politique nationaliste d'alors ; 
cette retraite des républicains porta le nom de " Retirada "      

                                                     

 


                                   

       

      




Le camp d' Argelès-sur-Mer -Mars 1939

                                                                                                                                                                                                                                                         Retour haut de la page

 

Récit :"Mon grand-père a emprunté, ainsi que de nombreux réfugiés, un chemin dans la montagne et a une nouvelle fois pris la route de l'exil. D'un côté comme de l'autre, on ne distinguait pas l'extrémité de la colonne de réfugiés : l'hémorragie humaine de l'Espagne semblait se poursuivre sans fin.Quand mon grand-père a atteint la frontière, les gendarmes lui ont indiqué la direction du camp

d'Argelès-sur-Mer."

 

Retirada

 (chanson)

Quand vous êtes arrivés

Ils n' vous attendaient pas

Ils auraient préféré

Vous voir rester là-bas.

Ils vous ont rassemblés 

Sans abri sur la plage

Derrièr’ des barbelés

Tout près des marécages.

C’était en février

Mill’ neuf cent trente neuf

Il valait pas bézef

Ce monsieur Daladier.

La pluie glace l’espoir

Le froid mord et vous pique

Et l’eau saumâtre à boire

Qui vous fout la colique.

Loin des siens le moral

Sombre, les jours défilent

Et les plaies guériss’nt mal

Quand on est en exil.

C’était y a soixante ans

Ici en Roussillon

Ca s’appelait comment ?

Camp de concentration.

 

C’est aujourd’hui papa

Tes quatre-vingts printemps

On est tous avec toi

Espagnols catalans.

 

 



Réparation des rails de chemin de fer à Persan Beaumont 1940

                                                                                                                                                                                                                                                     Retour haut de la page

 

                                        

 
La section Creil-Persan -Beaumont fait partie de la première ligne Paris-Creil, ouverte en 1846. 
Elle est établie à double voie, électrifiée et ouverte au trafic voyageurs. 
Elle descend la vallée de l'Oise.

 



La prison de la Santé -Mai 1940

                                                                                                                                                                                                                                                                 Retour haut de la page

Il  fut emprisonné la prison de la Santé juste après  le directeur général de la musique national espagnol :     José Castro Escudero
en même temps, furent arrétés :Lopez Peña, Miret Mistre, Forensa Marti, Campillo Barrera, Della Torre Campos, Gil Ballestra, Armengol Bosh

 
Accusés de  "Complot communiste"  12 Mai 1940

"Accusés d'avoir commis des actes de nature à nuire à la Défense Nationale, pour avoir, à Persan Beaumont, en Mars et Avril 1940, et en tout cas depuis un temps non décrit, se trouvant au camp des réfugiés espagnols à la 22 ième Cie des Travailleurs espagnols, tentés d'entraver l'activité du travail de ladite compagnie par des plaintes et protestations insidieuses et concertées tendant notamment par des menaces de grève à amener le ralentissement ou même la cessation du travail dans leur chantier travaillant pour la Défense Nationale"

 

Sous Vichy, s'élabore une politique à l'égard des étrangers. Après la loi sur le statut des juifs mettant tous les Juifs au ban de la société, la loi du 4 octobre 1940 sur "les ressortissants étrangers de race juive" permet d'interner ceux-ci dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence". La loi du 27 septembre 1940 concernant les autres étrangers non juifs, règle le sort des "étrangers en surnombre dans l'économie nationale" : l'étranger est soumis à une surveillance étroite et n'a plus le droit de libre circulation sur le territoire et ne bénéficie pas de la législation du travail.

26 septembre 1939 Décret portant dissolution du Parti communiste et des organisations affiliées (Journal officiel, 27 septembre 1939). Entre septembre 1939 et mars 1940, 620 syndicats et 675 associations où siégeaient des communistes seront dissous, 2.778 élus déchus de leur mandat, 3.400 arrestations effectuées et 3.000 sanctions prises contre des fonctionnaires

Il resta un mois à la prison de la Santé puis fut transféré vers le camp de Gurs

Il y apprit un poême surréaliste qu'un ami  avait écrit et qu'il transmi oralement à mes filles.Il ne nous a jamais dit le  nom  de l'auteur 

Les pantouffles volaient dans l'azur famélique
Aux bruits entrelardés de mâles abricots
Et les homards volant à l'entour des portiques
Afin de mieux y voir retiraient leur tricot.

Soudain je vis venir mon oncle d'Amérique
L'oeil vélocipédique et rempli d'asticots
Tenant sur un plat d'or des bémols arthritiques
Et les poches bourrées de vieux os de gigot.

Alors je suis monté, mixte, sur l'impériale
Le baromètre en fleur à contracté la gale
Et passé de rechef de la vie à trépas.

Les péritoines bleus s'enfuyaient en déroute
Et le pétrole, assis sur le bord de la route,
Regardait d'un oeil torve et ne comprenait pas.

                                                                                Anonyme


Les Camps de concentration
1940 - 1944

                                                                                                                                                                                                                                        Retour haut de la page

Camp de GURS 1940

 

Le camp de Gurs, petit village du Béarn, où un million de prisonniers sont morts entre 1939 et 1945 (principalement des Espagnols ayant fui le fascisme, mais aussi des Autrichiens, Tchèques, etc… antifascistes et communistes français.

Dans ces camps règnent des conditions de détention déplorable : les barbelés, les soldats avec des chiens bergers, les baraquements hâtivement bâtis, l'absence de fenêtres, les WC éloignés… Les baraques sont surpeuplées, peu ou pas chauffées, les installations sanitaires insuffisantes, la nourriture extrêmement frugale. Autre chose frappait dans l'attitude des internés: certains étaient soignés, propres, sur pied, d'autres restaient étendus, ils abdiquaient et se laissaient mourir. C'était insoutenable.

 

Qu'est-il advenu d'Argelès-sur-Mer, le premier camp, et de Gurs, l'un des derniers édifiés, au sujet duquel Aragon écrivait : " Gurs, une drôle de syllabe, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge... "

 

Un peu plus loin, sous un appentis évoquant l'architecture concentrationnaire, une plaque de bronze scellée à l'horizontale rappelle de nouveau les " données " d'une horreur qui s'est déroulée dans ce hameau d'aujourd'hui quatre cents habitants.

L'Etat a planté une forêt sur le camp, une forêt balafrée par une allée centrale le long de laquelle des panneaux fléchés, non encore délavés, désignent l'emplacement des îlots, des baraques, des bureaux d'intendance, l'infirmerie, etc., et ces panneaux fléchés montrent des arbres...

Dans une clairière, des groupes de jeunes, Français et Allemands, ont modelé de faux rochers peints en blanc, avec cette objurgation : " Ne détournez pas les yeux. "

 

 

Daniel Mayer écrit en 1991 : Je me suis à la fois trop attardé et pas assez sur cette période pour indiquer dans quel esprit pouvaient se trouver les républicains français qu'ils soient ou qu'ils ne soient pas partisans de la non-intervention, ils étaient dans les deux cas partisans de la victoire de Madrid, de la victoire du gouvernement républicain, et dans quel esprit ils sont lorsqu'ils voient arriver ces hordes misérables, malheureuses et en même temps pleine de dignité, nous en reparlerons tout à l'heure la dignité espagnole c'est presque un pléonasme, c'est quelque chose d'extrêmement important pour le peuple espagnol, la dignité dans tout y compris les vêtements, les ornements... une espèce de fierté qui se dégage des personnages.

Alors, voir arriver ces bandes misérables, sans nourriture, sans hygiène, ayant combattu jusqu'au dernier moment et n'ayant franchi, les larmes aux yeux, qu'à la dernière seconde la frontière pyrénéenne, c'est à la fois pour les républicains français et surtout pour les socialistes un spectacle de désolation, mais en même temps quelque chose qui peut inspirer... le remords : "Est-ce que nous n'avons pas été insuffisants à leur égard ? Est-ce qu'on n'aurait pas pu davantage les aider ? Est-ce que nous avons bien fait ce qu'il fallait ? ..."

Et, à ce moment-là, on se trouve en présence d'un phénomène qui malheureusement est un phénomène courant, universel, et qui n'a pas encore disparu, c'est qu'on considère tous ces Espagnols comme des étrangers, au sens le plus péjoratif du terme, et qu'on les interne pour la plupart dans des camps, camps proches de la frontière, camp de Gurs, camp de Rivesaltes, où ils connaissent un sort difficile.

Mais ceux qui ont encore confiance dans la France, qui ont confiance, d'une manière générale, dans la démocratie, qu'elle soit française ou espagnole, demeurent à Paris. Et c'est à Paris, en liaison avec le Mexique, que se situe et que s'installe le gouvernement républicain espagnol, qui incarne la solidarité, et qui incarne surtout le non définitif donné à tout ce qui n'est pas république en Espagne, la lutte contre Franco.

Un homme comme Julio Just est ministre de l'intérieur, ensuite il deviendra président, mais la plupart du temps, il est ministre de l'intérieur de ce gouvernement espagnol, et son travail est double.

Il est en liaison avec les antifranquistes demeurés en Espagne, et ces liaisons doivent être évidemment d'une discrétion qui évitera le garrot à ses correspondants espagnols, et, en même temps, il intervient auprès du gouvernement français pour organiser, légaliser, la situation des réfugiés Espagnols.

Et ce travail sera un travail énorme; pendant quelque temps, les Espagnols obtiennent du gouvernement français une radio dite clandestine mais qui peut encore aller jusqu'en Espagne.

Si j'ai bonne mémoire, c'est Antoine Pinay qui supprime cette radio, ce qui est d'un effet moral très dur, très difficile pour les républicains espagnols.

Et ces républicains espagnols, ce gouvernement, qui a son siège avenue Foch, incarnent à mes yeux, ce que je disais tout à l'heure, la dignité du peuple espagnol.

Les difficultés, connues, et que nous connaissions, de la plupart des membres bénévoles naturellement, de ce gouvernement républicain, étaient grandes. Ils faisaient des traductions çà et là, ils travaillaient ... un homme comme Valera travaillait comme interprète dans une maison d'édition, un peu partout il faisait de petits travaux, des travaux d'écriture - c'était vraiment extrêmement difficile.

Il y a eu leur participation à la Résistance (il y a un monument à Annecy à la gloire des Résistants, des réfugiés espagnols qui ont travaillé dans le maquis), à la fin de la guerre, l'immense déception - car nous étions un certain nombre à penser, et l'on n'avait pas l'impression que c'était de l'imagination pure mais au contraire quelque chose de normal, qui allait de soi, qu'après la chute de Hitler et de Mussolini, ce serait la chute de Franco.


Le camp dit « centre d’hébergement surveillé » de Gurs (Pyrénées Orientales), comprenant surtout des étrangers, essentiellement les républicains espagnols mais aussi des juifs allemands (photo tirée de L’Histoire Spécial L’année 1940, n° 129, janvier 1990, page 107)    

       

                                                                                                           

                                                                                                       
                                    Photos de l'Amicale du Camp de Gurs

 


La carte des camps
(tirée de L’Histoire Spécial L’année 1940, n° 129, janvier 1990, page 106)

                                                                                               

                                 

 

                                                                                                                                                   


 

Témoignages :

 Récit de René Magne (un des amis avec qui mon père s'est évadé du camp de Gurs)

Nous étions interné à la prison de la Santé en tant que prisonniers politique suite à la Loi Daladier
Puis il y eu l'exode, en descendant dans le Sud, nous avons fait une halte à Avord, puis, de là, nous fûmes transporté en autobus à Bordeaux.
Nous sommes arrivé au camp de Gurs le 21 Juin 1940.
Nous fûmes placé dans l'ïlot B, les îlots étaient constituer de 20 à 25 baraques pouvant contenir jusqu'à 55 personnes. Tous les prisonniers étaient alors mélangés, les politiques avec les droits communs.
Nous nous sommes évadés du camp le 29 Septembre 1940 en compagnie de Jean Ricoux et Antonio Peña que nous appelions Tonio.
Nous avons marché toute la nuit , il faisait très froid et nous avons franchis la ligne de démarcation au niveau de la rivière  traversant le Moléon à une vingtaine de kilomètre de Gurs.
Nous avons marché 45 kilomètres environ puis, nous avons été repris au petit matin à Bidache, car des gens nous ayant vus nous laver sous un pont nous ont dénoncé.
Nous avons ensuite été emprisonné à la Villa chagrin (prison de Bayonne).
De là, je fus transféré à Fronteveau  et je fus condamné à 12 mois de prison . Lorsqu'il l'apprit, Tonio écrivit à ma mère afin de lui conseiller de faire appel. Ce que je fis dés que je reçu sa lettre, et qui du reste, m'a certainement sauvé la vie
.

       
Chemin emprunté dans la nuit du 29  au 30 Septembre 1940 lors de l'évasion du caps de Gurs

Evasion du camp le 29 Septembre 1940   puis capture et internement  à la prison de Bayonne appelée  aussi  "Villa Chagrin"

Léon Moussignac a écrit un livre  tirés a quelques exemplaires seulement 
dans lequel il retrace cette période et son séjour au camps de Gurs :   

                            "Le radeau de la Méduse"            

Passage dans lequel il nomme mon père et ses amis :


                                                                                                                                         


                            




                                                                                                                                                                                                                                         

Camp de MERIGNAC  Octobre 1940 - Aout 1944

                                                                                                                                                                                                                                                         Retour haut de la page

Le camp de Mérignac était sous la responsabilité de la préfecture de la Gironde. Il était administré par des Français, et gardé par eux. Le service des questions juives de cette même préfecture était sous la responsabilité de son secrétaire général. Entre 1942 et 1944, celui-ci s'appelait Maurice Papon. C'est lui, jeune fonctionnaire de 32 ans, qui remit aux Allemands les listes des juifs recensés. C'est lui qui mobilisait la police pour les arrêter par familles entières. C'est lui qui ordonnait leur transfert à Drancy. L'acte d'accusation de 169 pages, qui a été lu à la mi-octobre, détaille les faits de ce personnage: onze convois, partis de la gare Saint-Jean de Bordeaux. Des centaines de wagons emportant vers la mort 1 560 personnes, dont plus de deux cents mineurs. Aucun n'en est revenu. 

                                                                

C'était un petit camp, entouré d'une haute palissade, de fils barbelés et de miradors. Presque rien à manger. Aucune hygiène. Pas d'infirmerie. Un camp de passage. Je n'y ai jamais vu d'Allemands.Uniquement des Français.

Il y régnait une promiscuité affreuse. Ils étaient désoeuvrés. Il y avait au camp de Mérignac le camp des républicains espagnols, le camp des juifs et également le camp des droits communs, mais ils n'étaient pas mélangés. (...)

 
PAPON

Maurice Papon a été condamné le 2 avril 1998 à "dix ans de réclusion criminelle" pour "complicité de crimes contre l'humanité". Il s'est pourvu en cassation et il est sorti libre du plus long procès qui se soit tenu aux assises en France.

La Cour de Cassation a décidé jeudi 21 octobre 1999 de déchoir Maurice Papon de son pourvoi en cassation en l'absence de l'accusé, en fuite à l'étranger. Le Parquet général de la Cour d'appel de Bordeaux a donné l'ordre à tous les services de police et de gendarmerie de le rechercher sur l'ensemble du territoire, et une diffusion internationale de cet avis de recherche a également été effectuée via le système Schengen et Interpol. Le vendredi 22 octobre, Maurice Papon a été arrêté en Suisse.

   

Mon père fu libéré le 22 Aout 1944  par un arrété préfectoral du 20 Aout 1944

                    

 

ATTESTATION MEDICALE  faite par le Dr Caplat sur l'état de santée de mon père durant cette période d'internement.

 

"Je soussigné DOCTEUR ROBERT‑MAX CAPLAT, médecin‑commandant de réserve,               

ancien médecin chef du sous secteur C ( Dordogne‑Sud et de l'Inter‑Région B F.F.I., 

certifie que durant l'année 1943 et 1944, J'ai effectué à deux reprises pour quelques jours 

le remplacement du DOCTEUR GAYOUT de Mérignac, qui était alors chargé du service 

sanitaire du camp de Mérignac, ceci en accord avec lui et sur ordre du DOCTEUR PODEIC"

chef du S.R. de la région B. J'ai à cette occasion passé la visite au détenu politique Monsieur

PENA DIAZ ANTONIO et l'ai trouvé dans un état de maigreur extrême due à une longue 

sous‑alimentation et j'ai pû également constater qu'il portait des marques de coups sur le corps. 

Monsieur PENA DIAZ conservait malgré les sévices subis un état moral inattaquable et une foi 

calme et inébranlable dans notre victoire future et la défaite de nos ennemis.

 Par son attitude et sa dignité Monsieur PENA DIAZ jouissait de la plus haute estime de la part des

autres détenus et se signalait ainsi à la vindicte des autorités."

 
Fait  à  Biarritz pour  valoir ce que de droit  le  Vingt six  juin l'année mil'neuf cent cinquante six

Résistance 1944 -1945

                                                                                                                                                                                                                                            Retour haut de la page

 

Dés sa liberation, mon père prit une part active dans la résistance et fut un des premier a entrer dans  la ville  de Bordeaux  le 28 Août 1944, le jour de la liberation, à bord d'un camion Allemand qu'ils avaient volé en attaquant quelques militaires de la Wehrmacht.

Dans la nuit du 27 au 28 août 1944, les derniers échelons des forces de la Wehrmacht quittent Bordeaux et s'enferment dans la forteresse de la Pointe de Grave

 

La libération de Bordeaux :

La vraie négociation est faite par un chef de la Résistance, le commandant FFI Rougès, dit «Segour», tenu au courant des tentatives du maire Marquet par un informateur. Il se rend d'abord avec son adjoint, Pierre Soulé, dit «capitaine Pierrot», auprès du colonel Adeline, qui commande les maquis de Dordogne et s'apprête à marcher sur Bordeaux. Celui-ci accepte la négociation.

 

Rougès rencontre en terrain neutre Kühnemann, désormais chargé de commander aux derniers éléments en retraite. Il est convenu que trois régiments de la division auront quitté la ville dans la nuit et que le dernier régiment sera parti dimanche 27 août, au plus tard à 0 heure. Les FFI pourront alors se mettre en marche, lundi 28 au matin. Certains capitaines FFI expriment leur colère. Ils auraient voulu attaquer les Allemands, les chasser de la ville, au lieu de les laisser partir benoîtement, aux termes d'un accord qui n'est pas de capitulation. Mais avec quelles forces? Auraient-ils pu lutter contre 30 000 hommes armés de canons, d'obusiers, de lance-flammes et de lance-grenades?

 

Il n'importe. Les unités de la Résistance entrent triomphalement dans une ville non détruite, entièrement évacuée par l'ennemi. La population, mardi 29 août, organise spontanément sa fête de la Libération. A la préfecture, Sabatier, en fuite, est remplacé par Cusin. Selon le vœu du général de Gaulle, les choses rentrent dans l'ordre républicain.

 

Puis mon père s'engagea dans le groupe espagnol des  FFI : 

                               

 

    Les Forces françaises de l'intérieurest le nom donné en 1944 à l'ensemble des groupements militaires clandestins qui s'étaient constitués     dans la France occupée (Armée secrète, Organisation de résistance de l'armée, Francs-tireur , Partisans etc.). Les FFI, placées en mars         1944 sous le commandement du général Koening, jouèrent un rôle non négligeable dans la préparation du débarquement de juin 1944 et             dans  la libération du territoire français.

 

    Présents dans les maquis du sud de la France, dans les groupes FFI, FTP, MUR ou dans des groupes autonomes (le bataillon Libertad     dans le Cantal, le maquis Bidon 5 en Ariège, dans le Languedoc-Roussillon...), nos compagnons, par centaines, poursuivirent sur le sol     de France la lutte qu'ils avaient menée contre le fascisme espagnol.


                                                                                                Une lutte pour la libération sociale des individus, une lutte révolutionnaire.

 

 Les guerilleros FFI ont créé l'hôpital de Varsovie 

Fondé en 1944 par les résistants républicains espagnols, cet hôpital toulousain - qui porte aujourd'hui le nom du Professeur Joseph Ducuing - demeure le symbole de leur engagement dans les maquis et les armées de la France libre. 

 L'hôpital de Varsovie, au coeur du quartier Saint-Cyprien à Toulouse, fut créé par l'état- major de l'Agrupacion de guerilleros espanoles FFI de Toulouse au mois de septembre 1944, dans un château dont il a conservé la façade. Sa création dans l'urgence correspondait alors à la nécessité de traiter les blessés provenant des unités de guérilleros ayant combattu les nazis et soigner les affections consécutives à la dure vie dans les maquis. Il recevra aussi les soldats républicains espagnols blessés en octobre 1944 durant l'opération «Reconquista de Espana» au Val d'Aran.

  

===> Je me souviens

Les troupes allemandes, plusieurs milliers de soldats, avaient reçu pour mission de s'opposer à l'entrée des navires alliés dans l'estuaire de la Gironde et de tenir coûte que coûte la Pointe de Grave. Le mur de l'Atlantique, dont le Médoc, était bardé de blockhaus puissamment défendus, la région était truffée de mines et de secteurs inondés (les nazis avaient ouvert les écluses). Alors que le siège de la Pointe de grave débutait le 25 août 1944, le port de Bordeaux et sa ville étaient libérés le 28 août 1944. Les alliés en route vers Berlin ne passèrent pas par le Médoc, nous étions l'armée des oubliés, notre région fut libérée par un regroupement de différents corps francs du grand sud-ouest constitués de résistants F.T.P et F.F.I., dont de nombreux républicains Espagnols, encadrés par l'armée de la France libre et rejoints par les tirailleurs d'Afrique du nord (Algérie et Maroc) et d'Afrique Noire (Somalie).


«Reconquistada de España »

 

Voilà soixante ans les républicains espagnols étaient en première ligne pour libérer la France. Les puissances de l’Axe, Allemagne, Italie, Japon étaient acculées à la défensive. Dans ces conditions il était bien normal de tenter d’abattre le régime que Franco avait imposé quelques années auparavant grâce au soutien d’Hitler et Mussolini.


A la fin de l’été et au début de l’automne 1944, des milliers d’anciens combattants républicains espagnols se rassemblent dans le sud-ouest de la France, à l’appel de l’Union Nationale Espagnole (Unión Nacional Española, UNE), sous l’égide du Regroupement des Guérilleros espagnols


L’Union Nationale Espagnole avait été lancée en 1941 ; son premier journal, « Reconquête de  l’Espagne »  était paru le 1er août 1941. Son objectif était de rassembler toutes les forces antifranquistes en vue du rétablissement de la démocratie en Espagne. Dans cette perspective, la UNE donna une impulsion majeure à l’engagement des républicains espagnols dans la Résistance française. Dés juin 1942, la UNE annonçait coordonner 108 comités en France. Parallèlement au renforcement  des activités de la résistance en France, du matériel et des hommes sont envoyés vers les maquis de  l’intérieur del’Espagne. Par exemple, Jesús Monzón, l’un des initiateurs de l’Union Nationale Espagnole, quitte Paris pour s’installer à Madrid dés 1943, en vue de développer « la UNE » et l’Armée guérillera (« El Ejército Guerrillero ») en Espagne même.
 
  Le nombre de guérilleros qui pénétrèrent en Espagne cet automne 1944 n’est pas connu avec certitude. On estime que l’effectif disponible pour cette pénétration était de l’ordre de 10 000 à 15 000 hommes, répartis tout le long des  Pyrénées. Selon l’historien Francisco Moreno Gómez (« La resistencia armada contra Franco », Ediciones Crítica, Barcelona, 2001) l’ordre militaire de lancement de la pénétration fut émis le 21 septembre 1944, depuis le quartier général de « la AGE » à Montréjeau, par le général Luis Fernández (« General Luis »). L’action principale prévue était la pénétration et l’occupation du Val d’Aran ; dans cette zone le commandement de 3500 à 4000 guérilleros fut confié au colonel Vicente López Tovar.

 

 

 

L'OPERATION MILITAIRE DU VAL D'ARAN

 

        Le 19 octobre 1944, 3500 à 4000 guérilleros - commandés par Vicente Lopez Tovar, chef de la 204e Division, 
        lieutenant-colonel FFI - pénètrent en Espagne par le Val d'Aran jusqu'à Viella, capitale de la petite vallée, dans l'intention             d'y déclencher un soulèvement antifranquiste.



        Mais les soldats de Franco (45 000 hommes) les "accueillent", munis d'armes lourdes.
        Craintive, la population aranaise ne  se manifeste guère en faveur des guérilleros.
        C'est l'échec et le repli vers la France est ordonné dès le 28 octobre.
        Quelques mois plus tard, en juin 1945, l'U.N.E. décide son auto-dissolution.

 


                                                                                                                                                                                                                                                             Retour haut de la page

                                                                                                                                                                                                                                   
Retour page d'accueil